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PILOTER UN DRONE : LES OBLIGATIONS AVANT TOUT DÉCOLLAGE

Photo du rédacteur: Grégory Cludts
Grégory Cludts
17 oct.
2 min de lecture

 

En effet, indépendamment de la législation sur la chasse, tout télépilote, même amateur, doit respecter la réglementation aéronautique. Elle est constituée de deux règlements européens 2019/945 et 2019/947, exécutés en Belgique par l'arrêté royal du 8 novembre 2020. Le drone d'observation ou de loisir (moins de 25 kg) relève en principe de la catégorie « ouverte » (OPEN), dont voici les obligations à vérifier, cumulativement, avant tout vol.

 

1.      Enregistrez-vous comme exploitant UAS sur le Drone Portal du SPF Mobilité.


C'est obligatoire dès que le drone pèse 250 g ou plus ou est équipé d'une caméra (sauf s’il s’agit d’un jouet). Votre numéro d'exploitant doit être apposé visiblement sur l'appareil.[1]


2.      Formez-vous. 


L'examen théorique A1/A3, en ligne et gratuit, est obligatoire dès 250 g, donc notamment pour les drones avec caméra thermique qui dépassent tous le poids de 900 g (classe C1). Pour voler à proximité de personnes (sous-catégorie A2, jusqu'à 4 kg) : brevet A2 requis.[2]


3.      Assurez-vous.


Une assurance responsabilité civile est obligatoire pour tout exploitant (même de la catégorie « ouverte » et avec un usage purement récréatif)[3]. Vérifiez que votre police d’assurance couvre expressément le drone.


4.      Respectez les règles de vol.


Hauteur maximale de 120 m au-dessus du sol ; drone maintenu en vue directe permanente (VLOS) ; jamais au-dessus d'un rassemblement de personnes ; survol des personnes non impliquées interdit ou strictement encadré selon la classe de l'appareil ; vol de nuit admis uniquement avec un feu vert clignotant activé et toujours avec vue directe sur le drone.[4]


5.      Avant chaque vol, vérifiez les géozones sur la carte officielle Droneguide de SKEYES (map.droneguide.be).


Aéroports, zones militaires, zones nature, prisons, mais aussi zones temporaires (événements, interventions des secours) : l'accès y est interdit ou soumis à des conditions strictes.[5]


Sanctions.


Le contrevenant s'expose à la saisie du drone, à une amende administrative infligée par la DGTA et/ou à des poursuites pénales.[6] Ce n'est pas théorique : en 2025, la DGTA a traité plusieurs dizaines de dossiers d'infractions (violations de géozones, survols de festivals, dépassements de hauteur : un drone a été détecté à 500 m d'altitude). Pour le seul festival Tomorrowland 2025, 12 drones ont été saisis et 14 amendes administratives infligées, d'un montant de 200 à 12.000 euros.[7]

 

Grégory Cludts, avocat

 


[1]Art. 14 du règlement (UE) 2019/947.

[2]Partie A de l'annexe du règlement (UE) 2019/947 (sous-catégories A1/A2/A3).

[3]Art. 12 de l'arrêté royal du 8 novembre 2020 précité.

[4]Art. 4, d) et partie A, « UAS.OPEN.060 Responsabilités du pilote à distance », 2), g), de l'annexe du règlement (UE) 2019/947.

[5]Art. 15 du règlement (UE) 2019/947 ; arrêté ministériel du 21 décembre 2020 établissant les zones géographiques UAS.

[6]Loi du 27 juin 1937 relative à la réglementation de la navigation aérienne, chap. III ; arrêté royal du 13 novembre 2009 relatif aux amendes administratives applicables en cas d'infraction à la réglementation aérienne.

[7] Communiqué du 7 juillet 2026 du SPF Mobilité et Transports (DGTA), « Grands événements estivaux : la DGTA rappelle les règles applicables aux drones » (https://news.belgium.be/fr/grands-evenements-estivaux-la-dgta-rappelle-les-regles-applicables-aux-drones).

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