Conseils pratiques en cas d’agression
- Grégory Cludts

- 10 oct. 2025
- 2 min de lecture
Nul – hélas ! – n’est à l’abri d’une agression. Si cette agression devient physique, garder son sang-froid n’est déjà pas chose aisée. Mais savoir comment réagir exactement, dans un moment de stress et pour ne pas subir en outre les calomnies ultérieures de l’agresseur, demande plus que du sang-froid : de bons réflexes. Les quatre conseils qui suivent ont fait leur preuve dans plusieurs affaires pénales jugées par les tribunaux correctionnels. Parmi celles-ci, l'affaire exposée dans notre article "Un anti-chasse condamné pour coups et blessures".
Premier conseil : décharger son arme et la poser à l’écart
Ce conseil, qui est presqu’un devoir, ne repose pas seulement sur le fait que la riposte à une agression doit être proportionnée. Il vise aussi à ne pas donner beau jeu à un agresseur qui tentera toujours de présenter une version de l’histoire où il est lui-même l’agressé et a été menacé.
Deuxième conseil : filmer ou faire filmer la scène
Nous avons constaté à plus d’une reprise que la police et le Parquet donnent un tour radicalement différent à l’enquête quand une vidéo de l’incident leur est fournie et montre une réalité inconciliable avec les plaintes des « anti-chasse » prétendument agressés.
Si l’on est seul et qu’on doute de pouvoir filmer ce qui va se passer, pourquoi ne pas mettre de côté sa fierté et crier « à l’aide » ou faire un appel à la radio ?
Troisième conseil : être le premier à contacter la police et à déposer plainte
Il est déplorable de constater le nombre de dossiers instruits à charge de la victime, au seul motif que l’agresseur a été le premier porter plainte. Pire encore, dans le cas de coups et blessures réciproques, il n’est pas rare que l’agressé soit condamné en même temps que l’agresseur pour coups et blessures volontaires : alors même que le Tribunal admet que l’agression venait de l’un des deux, il croit pouvoir deviner que l’agressé n’avait pas répondu de manière exactement proportionnée…
Face au cynisme de ces inciviques drapés des oripeaux du justicier « anti-chasse », il serait aveugle de supposer que nous serons nécessairement les seuls à alerter la police.
Quatrième conseil : faire le screening des publications anti-chasse de l’agresseur et en extraire des captures d’écran
A première vue, l’intérêt de ce type de conseil n’apparaît peut-être pas. Le fait est que, dans plusieurs affaires, les agresseurs se sont prétendus menacés et agressés tandis qu’ils cheminaient paisiblement…
Entre une version de l’histoire où un chasseur s'est mis subitement à agresser un quidam passant par là, et celle où un anti-chasse avéré voulait en découdre avec un chasseur, les autorités judiciaires feront la part des choses.
Grégory Cludts, avocat
